La 49e conférence annuelle de l’UKSG, qui s’est tenue à Glasgow du 30 mars au 1er avril 2026, a réuni un large éventail d’acteurs de l’écosystème de la communication scientifique, notamment des bibliothèques, des éditeurs et des prestataires de services. Les discussions ont porté sur les principaux défis structurels qui façonnent le secteur, notamment la viabilité des modèles d’accès libre, l’importance croissante des métadonnées de haute qualité et de l’interopérabilité, ainsi que la nécessité de mettre en place des flux de travail plus efficaces et semi-automatisés. Ces thèmes trouvent un écho particulier dans le rôle que joue le réseau ISSN pour garantir une identification fiable et un échange de données efficace des publications en série à l’échelle mondiale.
L’intégrité de la recherche et la confiance dans la communication scientifique ont été au cœur des préoccupations tout au long de la conférence. Plusieurs sessions ont mis en évidence la recrudescence des pratiques frauduleuses, notamment l’usurpation d’identité d’auteurs et la manipulation de contenus, ainsi que la pression croissante exercée sur les systèmes d’évaluation par les pairs. Dans ce contexte, l’importance de métadonnées fiables, d’identifiants persistants et d’une collaboration intersectorielle a été soulignée à maintes reprises comme étant essentielle au maintien de la fiabilité et de la traçabilité des documents scientifiques.
La conservation numérique est apparue comme une priorité absolue, notamment lors de la séance plénière animée par Alicia Wise (CLOCKSS). S’appuyant sur des exemples tels que la perte de données du gouvernement américain et les difficultés rencontrées par les bibliothèques ukrainiennes, elle a souligné la fragilité des contenus numériques et la nécessité impérieuse de mettre en place des stratégies de conservation coordonnées. Il convient de noter qu’environ 25 % des revues dotées d’un DOI ne sont toujours pas archivées, ce qui met en évidence des lacunes importantes dans les systèmes actuels. Le Centre international de l’ISSN contribue directement à relever ce défi grâce à la gestion de son registre Keepers, qui offre une vue d’ensemble mondiale des dispositifs d’archivage des ressources en série et favorise la transparence en matière de couverture de la conservation.
Les débats plus généraux ont également porté sur les menaces pesant sur l’accès à l’information et sur sa diffusion, notamment la censure, les pressions géopolitiques et la disparition de contenus en ligne. Des initiatives telles que le Data Rescue Project illustrent l’importance de mener des actions proactives pour préserver les informations vulnérables, en particulier lorsque les métadonnées sont incomplètes ou absentes. Ces évolutions soulignent la nécessité de disposer de systèmes d’identification fiables et de registres exhaustifs afin de faciliter la recherche, l’accès et la conservation à long terme.
Dans l’ensemble, la conférence a mis en évidence l’interdépendance croissante des acteurs de l’écosystème de la communication scientifique, ainsi que la nécessité d’adopter des approches coordonnées, transparentes et fondées sur des normes. Pour le réseau ISSN, ces discussions réaffirment l’importance stratégique de sa mission, qui consiste à promouvoir la qualité et l’interopérabilité des métadonnées, mais aussi à contribuer activement à la préservation et à l’accessibilité à long terme des ressources en série.
